Tout d'abord agréable surprise devant la beauté des monuments historiques de Mexico mêlés aux constructions ultramodernes et gigantesques au milieu de cette immense métropole. Mais aussi pénible constat de voir cette misère et cette pauvreté incommensurable d'une trop grande partie de la population qui vit là entassée dans des logements pitoyables au détour de la rue derrière le luxe étalé. (Merci Tony d'après fait cette introduction que nous n'oublierons de rappeler tout au long de notre carnet de voyage.)
Arrivé devant la Monumental de Mexico, on est surpris de trouver une construction vieillissante de béton brut, usé,suppliant à grands cris une rénovation urgente, sans doute y a t'il des problèmes plus urgents à gérer à Mexico. Face à cette architecture triste, on est éberlué par les oeuvres sculpturales, coulées dans le bronze pour l'Eternité de toutes les figures emblématiques de la gent taurine professionnelle des grandes années. Chaque pilier de l'immense clôture supporte une de ses anciennes gloires sans compter l'immense encierro de toros qui orne la porte principale.
Gigantisme de ces arènes lorsqu'on pénètre sur les gradins, difficile de trouer la loge la loge présidentielle située à mi-hauteur de cette immense plaza et située au niveau de l'avenue d'accès. La moitié des tendidos est enterrée et donc la piste est au fond d'un cratère de béton.
L'ambiance dans cette plaza, nous a tous surpris, je crois, nous qui sommes habitués à une certaine rigueur. Pour les mexicains, c'est avant tout un lieu de rencontre festif. On y retrouve la famille, les amis, on va les voir et discuter avec eux pour boire, manger, téléphoner sans se soucier ni du spectacle et encore moins de ceux qui sont venus en aficionados pour à la fois suivre la corrida et respecter ceux qui se jouent la vie en piste. C'est un constant va et vient de spectateurs et de vendeurs ambulants de boissons, victuailles et tout gadget.
Mais ce public désinvolte est surprenant par la vivacité et la rapidité de réaction au moindre fait intéressant en piste. Semblable à celui de Séville.
Toréo surtout fait de demi-passes sans allonger la charge et avoir une emprise sûre sur les cornus. La demi-passe est reine. Ainsi que la mono pique donnée par d'imposants picadors toujours sur la même monture (le même cheval a piqué les trois corridas que nous avons vu!)
Certes les toros sont un peu plus légers que les nôtres, ils sont plus durs, en général, avec des pattes , du souffle qui leur permet de finir la faena bouche cousue. Le moral de ces bestiaux rappelle, pour ceux qui l'ont vécu, sic, celui de nos élevages français avant tous les efforts et épurations réalisés par nos ganaderos de braves français actuels. La race et le physique des saltillos importés par les éleveurs mexicains à l'époque ressort constamment dans la présentation tant trapio qu'armures et surtout sur le moral rêche, dur, difficile à soumettre jusqu'au bout.
Comme le fait remarquer très justement César Rincon dans les interviews retranscrites dans le "Le Voyageur de San Jude"(1), je cite : "le toreo mexicain superficiel et chatoyant, est à l'antipode de la vérité et de la didactique. Là-bas citer un toro en avançant la muleta est presque une hérésie de même que tirer la main loin derrière ne les intéresse pas".
fin du premier épisode.
Tony Equin "El Abuelo del Ricard"
(1) LE VOYAGEUR DE SAN JUDE, remarquable ouvrage de Geneviève Fondeviole-Stefanuto illustré de somptueses photos de Gilles Cattiau 1993 editions lacoste Mont de Marsan consacré au maestro Cesar Rincon. A lire absolument
ne partez pas il y a une animation photos à visionner

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